LA POLITIQUE MIGRATOIRE DU CAMEROUN À L’ÉPREUVE DE LA LIBRE CIRCULATION ET DU DROIT D’ÉTABLISSEMENT DES RESSORTISSANTS DE LA CEMAC

  • Cyrille Aymard Bekono

Resumo

La libre circulation et le droit d’établissement des ressortissants communautaires sont le leitmotiv de l’intégration sous-régionale. Ils sont le baromètre à partir duquel on peut juger de la capacité d’un Etat à respecter ses engagements à l’échelle de la communauté supranationale. L’adhésion du Cameroun à ces principes fondateurs de l’espace cémacien implique ipso facto l’engagement des pouvoirs publics camerounais à les rendre exécutoires sur toute l’étendue du territoire. Cependant, de l’UDEAC à la CEMAC, l’Etat camerounais n’a jamais consacré la spécificité des ressortissants communautaires dans sa politique migratoire. En conséquence, la politique migratoire du Cameroun reste muette en ce qui concerne le droit des ressortissants communautaires à y entrer et résider librement. Cette attitude du Cameroun se justifie, d’une part, par la nature de ses relations avec les Etats membres de la CEMAC ainsi que les réticences de certains de ces Etats à appliquer la libre circulation et le droit d’établissement des personnes. Toutefois, par le truchement des accords bilatéraux et le respect de la clause de réciprocité, le Cameroun, de façon parcimonieuse et progressive, s’arrime à la législation communautaire.

Publicado
2020-01-14