ÉCHANGES TRANSCULTURELS CHEZ MONIQUE PROULX ET INÊS PEDROSA

  • Licia Soares de Souza

Resumo

Cette étude examine comment deux écrivaines, l’une du Québec, l’autre du Portugal/Brésil, collaborent à la féminisation de la littérature contemporaine par le prisme de leurs réflexions sur certains déplacements historico-symboliques, tout en mettant en lumière le formidable réseau de savoirs qui circulent dans ces espaces du continent américain depuis la colonisation. La première écrivaine que nous présentons est Monique Proulx, auteure de Ce qu/il reste de moi (2015). La deuxième est Inês Pedrosa, d’origine portugaise, journaliste et auteure de plusieurs récits pour enfants, qui a milité contre la criminalisation de l’avortement et pour le mariage de personnes du même sexe. En 2008, elle a publié le roman A Eternidade e o Desejo (L’Éternité et le Désir)  qui se déroule dans la ville de Salvador, première capitale du Brésil, qu’elle avait visitée quelques années auparavant. Proulx et Pedrosa abordent un imaginaire de mouvance, tout en mettant en évidence une multiplicité de trajectoires qui fonctionnent comme des connexions contradictoires et des croisements de narratives formant des espaces toujours en conflit. Elles font ressortir, de la sorte, les ambivalences des écritures des mouvements migrants qui ont marqué les métissages issus des rencontres différenciées sur les territoires des Amériques. Proulx évoque les textes de La Folle Entreprise, de Jeanne Mance comme texte fondateur qui prône pour la convivialité des cultures différenciés dans le Nouveau Monde, et Pedrosa utilise les textes du Père Vieira pour montrer des enseignements de savoir-vivre entre les autochtones et les colons dans la Nouvelle Lusitanie. Elles montrent comment la fiction fait jouer les figures renouvelées de certaines utopies du Nouveau Monde dans les textes littéraires, textes qui témoignent d’une puissante facture féminine pour porter un regard neuf sur l’histoire.

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